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Pourquoi ce livre ?
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Au mois d'avril 2003, quelques jours après l'enterrement de notre fils Julien, — 19 ans, décédé dans un tragique accident de la route — je prenais la décision d'écrire un livre : un livre pour que Julien continue d'exister, le rendre plus présent par le biais des pages d'un récit : celui de sa courte vie.Un témoignage poignant, bouleversant, une thérapie pour nous ses parents, certes, mais aussi le besoin, la nécessité de raconter le drame que nous avons vécu dans ses moindres détails : afin de mettre en garde, prévenir que l'accident n'est pas "bon que pour les autres", que l'accident n'est pas toujours dû à la fatalité, mais trop souvent le résultat d'une conduite inconsciente, irréfléchie.J'écris pour ne pas hurler ! (Marguerite DURAS)Dans l'euphorie des soirées festives, empreints d'un sentiment d'invulnérabilité propre à eux, beaucoup de jeunes bravent les interdits — alcools, cannabis — et dans les heures avancées de la nuit, en ajoutant vitesse excessive et fatigue, la fête se termine — malheureusement trop souvent — par un accident dramatique avec les conséquences désastreuses que l'on connaît.Le samedi, lorsque vous voyez partir votre fils, muni des sempiternelles recommandations de prudence, vous espérez que la soirée se passera bien, que votre fils et ses copains s'amuseront et qu'ils ne rentreront pas trop tard, puis vous allez dormir.Au petit matin, le maire et les gendarmes sont là, sur le pas de la porte, pour vous apprendre la mauvaise nouvelle: votre garçon, votre enfant chéri est mort dans un accident, cette nuit... C'est un violent coup de massue qui vous est asséné et qui vous anesthésie pour plusieurs mois ; c'est une douleur vive, forte, puis profonde qui s'installe en vous pour toujours ; c'est l'incompréhension avec ses éternelles questions sans réponses : Pourquoi ? Pourquoi lui ? Pourquoi Julien ? Du jour au lendemain, nous sommes devant le fait accompli, un acte irréparable, impuissants devant une injustice de la vie : la mort d'un enfant.Aujourd'hui, sa chambre encore intacte attend un hypothétique retour. Avec le temps qui passe nous finissons par admettre sa disparition, mais nous ne l'acceptons pas pour autant. Pour nous l'inconcevable est arrivé et nous ne pouvons plus rien faire pour notre fils, si ce n'est : aller régulièrement fleurir sa tombe. Nous n'abandonnons pas Julien, toujours le besoin de se rapprocher de lui, de se recueillir auprès de ce corps sans vie, que nous savons là, sous cette épaisse dalle de granit.Mais pour les autres,— nous, parents de victimes — nous pouvons témoigner de notre malheur : raconter les faits, les ressentiments, expliquer la douleur, sensibiliser pour une prise de conscience, afin d'éviter que de tels drames se reproduisent, et cela j'ai choisi de le faire en témoignant auprès des élèves dans les collèges et les lycées de ma région, mais aussi en éditant ce livre :La tourterelle des Rameaux
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